Stratégies discursives : digression, transition, suspens PDF

Mais si vous m’interrompez, lecteur, stratégies discursives : digression, transition, suspens PDF si je m’interromps moi-même à tout coup, que deviendront les amours de Jacques ? Non, non, l’histoire du poète de Pondichéry. La digression est cependant une technique narrative éprouvée. Elle permet de dilater le récit, de ménager des pauses, de divertir ou d’ironiser, ou, enfin, d’insérer un commentaire de l’auteur.


On pardonne les digressions quand elles sont courtes et à propos. La digression est souvent introduite dans le texte principal par deux moyens. EX :  Mais ainsi que l’a dit, je crois, Robespierre, dans son style de glace ardente, recuit et congelé comme l’abstraction :  l’homme ne voit jamais l’homme sans plaisir! Deux types de digressions existent : la  digression rhétorique  d’une part et la  digression narrative  d’autre part. Quintilien déconseille par conséquent la digression trop longue, susceptible d’ennuyer l’auditoire et de lui faire oublier le sujet du discours. Il peut aussi s’agir d’exposer des faits ou des événements tragiques dans un contexte religieux, ce qui en atténue les effets, comme dans les Oraisons funèbres de Bossuet. Elle peut concerner des épisodes entiers, interpolés dans le cours du récit.

Dès l’Antiquité, la digression permet de créer un effet de suspense. La longueur de la digression conditionne l’existence de la figure mais tout écart par rapport au propos initial n’est pas forcément une narration digressive. Gérard Genette, souvent confondue avec la digression alors qu’elle ne modifie, contrairement à cette dernière, que le cadre spatio-temporel du discours. Cependant, la digression écarte encore plus le lecteur du sujet initial que ne le fait la description.