Regards sur le crime et le criminel PDF

Peut-on dire qu’il y a eu une relation sexuelle librement consentie entre une enfant de 11 ans et un homme de 28 ans ? C’est un peu ce que, tous comptes faits, semblent dire les magistrats et les policiers de Pontoise ayant eu jusqu’à présent à connaître de ce qui est survenue à la petite Sarah qui, sur le chemin regards sur le crime et le criminel PDF l’école, croisant une nouvelle fois un homme l’a suivi jusqu’à chez lui où il l’a amenée à lui faire des fellations avant de la pénétrer. Sarah n’a pas subi de violences ou n’a pas été menacée de violences pour ces actes sexuels. Le parquet relevant l’absence de violences physiques sur la fillette en déduit qu’il n’y a pas eu viol, ni agression sexuelle, mais atteinte sexuelle à mineur.


Auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, Lygia Négrier-Dormont a enseigné la criminologie en France et à l’étranger, en particulier au Centre national de formation de police judiciaire de la gendarmerie nationale, à Fontainebleau. Dans la première partie du livre, elle suit l’évolution historique et géographique des regards posés sur le crime et le criminel au long des siècles, ainsi que les contextes culturels, philosophiques et sociétaux correspondants. Marie-Laure Brunel-Dupin, titulaire d’une maîtrise de droit pénal, spécialisée en psychologie et psychiatrie criminelle, va mettre en place et structurer le département des Sciences du comportement de la gendarmerie nationale, aujourd’hui placé sous son autorité. Elle fait partie du réseau international de profilers qui visent à partager et améliorer les techniques de cette discipline. Dans la seconde partie, elle pose un regard contemporain sur les outils offerts de nos jours à l’enquête judiciaire par la criminologie moderne, sur le crime (par l’analyse de la scène) et sur le criminel (par la compréhension de son acte). À travers des exemples, les sciences du comportement approcheront sous un angle opérationnel les monstrueux abysses de l’homme.

Rappelons les trois infractions qui dans cette matière peuvent être retenues. Elle est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende, 7 ans si la victime est mineure. Dans tous les cas, l’âge de la victime est une circonstance aggravante ainsi que le rapport d’autorité pouvant exister de l’un sur l’autre. La description de ce qui est survenu à Sarah et de la réaction des institutions donnée par Médiapart de ce jour suscite immédiatement la révulsion et c’est le moins qu’on puisse dire interpelle. On peut entendre que l’absence de résistance ni même d’expression formelle d’un refus interpelle. On avancera ici comme souvent, et à juste titre, que dans cette relation homme-femme que la femme est dans un état de sidération qui annihile ses capacités à résister explicitement.

Admettons qu’on retienne pas ce refus intériorisé. Peut-on déduire que cette fillette a en l’espèce donné son consentement à cette relation comme le plaide déjà l’avocat du prévenu sur les antennes. Doit-on rappeler que s’agissant de l’agression sexuelle le code pénal précise que la contrainte peut être physique ou morale. La contrainte morale peut résulter de la différence d’âge existant entre une victime mineure et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cette victime. Où est, de la part de la petite Sarah, l’adhésion au fait d’avoir des relations sexuelles ? Cette enfant savait-elle même ce qu’étaient des relations sexuelles ? S’il n’y a pas consentement, il y a contrainte.

Je ne connais pas de troisième voie. L’un sait de quoi il retourne, l’autre pas. Elle paraissait plus âgée avance-t-il ? Il est bien le seul à confondre un enfant avec une adolescente ! En tout état de cause qu’est-ce que cela change ? Il ne pouvait pas ignorer avoir affaire à une très jeune fille.

C’est tellement vrai que sachant qu’elle était inexpérimentée qu’il lui a proposé de lui apprendre à embrasser. Certains proposent que la France s’engage dans cette voie et avancent 13 ans par cohérence avec l’âge légal qui permet d’incarcérer un enfant. Ils auraient pu proposer 7-8 ans âge généralement convenu du discernement pour engager la responsabilité pénale et être doté d’un casier judiciaire. Avec le Dr Emmanuelle Piet qui sur ces questions est plus que légitime, j’aurais plutôt tendance à penser que l’âge de 15 ans protégerait mieux les plus jeunes les prédateurs sexuels.