Les Couleurs et la mitraille PDF

De tous les airs joués les Couleurs et la mitraille PDF les fêtes, il en est un que l’on entend en d’autres occasions, lorsque l’un de nos athlètes nationaux monte sur la plus haute marche d’un podium, aux manifestations patriotiques, ou lors d’une réception à l’étranger d’un de nos dirigeants. C’est un air assez méconnu des étrangers et dont peu de Belges connaissent encore les paroles que l’on apprend rarement encore dans les écoles. Il est vrai qu’à notre époque, on entend plus fréquemment le Vlaamse Leeuw Leeuw ou le Tchant des Wallons. Alors, au risque de passer, avec fierté, pour un nationaliste, aujourd’hui où l’on parle beaucoup de fédéralisme, je vais vous rappeler, en bref, l’histoire de celle que tout Belge digne de ce nom salue.


Septembre 1870 : l’étau prussien se referme, Paris est assiégé. De nombreux peintres s’engagent dans la Garde nationale. Parmi eux, Henri Regnault, beau jeune homme déjà célèbre pour son pinceau mais aussi pour sa voix, et son fidèle ami Georges Clairin, « Jojotte ». Tous deux risquent leur vie pour tenter de briser le siège, au grand dam de la fiancée du « petit Regnault », Geneviève Bréton, une jeune femme cultivée et exaltée, amoureuse éperdue de l’artiste.
Autour de ces personnages, Paris affamé et gelé pendant l’hiver 1870 ; l’horreur de la Commune au printemps 1871 ; les peintres Manet, Courbet, Degas, Bazille… les musiciens Augusta Holmès, Saint-Saëns… les écrivains Gautier, Hugo… les comédiens Sarah Bernhardt, Mounet-Sully… unis durant cette page tragique de l’histoire de France.

Je vous invite à retourner à l’époque où le Lion et le Coq chantaient de concert l’air devenu célèbre de « L’Amour sacré de la Patrie ». Cette oeuvre qui transporte à la scène la révolte du peuple de Naples contre la domination espagnole au 17e siècle avait été exécutée avec succès à Paris deux ans auparavant. Mieux vaut mourir que rester misérable! Pour un esclave est-il quelque danger? Tombe le joug qui nous accable. Et sous nos coups périsse l’étranger! A des maux trop longtemps soufferts.

La salle se leva répétant: « Aux armes, aux armes ! Ce cri courut comme une traînée de poudre dans la foule qui sortit du théâtre en hurlant: « Au National ! Se répandant dans les rues ils se dirigèrent tous vers les bureaux du journal pro-orangiste de Libri Bagnano, rédacteur principal du National, qui soutenait les prétentions du Roi Guillaume contre les libéraux et les catholiques belges coalisés. L’établissement fut saccagé tout comme les maisons du Ministre de la Justice Van Mannen, du Directeur de la Police de Knyff et du Procureur du Roi Schuerrnans, tous partisans de la maison d’Orange. Le peuple belge d’alors en avait assez de subir les vexations et les inégalités, l’injustice et l’impôt.

Je vous renverrai à vos livres d’histoire ou au lien ci-dessus pour en connaître tous les détails. La Brabançonne fut ce coup de clairon. La Parisienne, un hymne de Casimir Delavigne et qui est en fait une chanson allemande intitulée « Ein Schifflein sah ich fahren » chanson composée à ce qu’on présume en 1757, à l’occasion du siège de Harbourg, sur la rive gauche de l’Elbe. C’est sur le thème de cette chanson, née en Westphalie ou en Poméranie, que Casimir Delavigne rima en 1830 ses paroles de la Parisienne et fut harmonisée par Auber. La Parisienne fut composée en 1830 juste après la Révolution de Juillet et en hommage à celle-ci.

Les Trois Glorieuses agitèrent Paris le 27, 28 et 29 juillet 1830 et les échos de la chute du roi parvinrent jusqu’à la capitale belge. Nimm das Mädel bei der Hand! Soldats et camarades, Soldats et camarades. Il faut un air rien que pour la révolution belge, et c’est un français qui va en écrire les paroles et un belge qui en fera la musique. Un de ceux qui a assisté au Trois Glorieuses. Il s’appelle Louis-Alexandre Dechez mais est connu sous son nom de scène: Jenneval. Le compositeur est Van Campenhout, chef de musique à la Grande Harmonie de Bruxelles.