Les Antiquités juives : Volume 4, Livres VIII et IX PDF

Cor du jour de la sonnerie, phylactères de prière et quatre espèces. Il marque l’histoire du monde avec l’émergence du monothéisme, croyance héritée par les christianismes et les différentes formes d’islam dont le les Antiquités juives : Volume 4, Livres VIII et IX PDF historique a fini par marginaliser le judaïsme.


Après la ruine de Jérusalem en 70 ap. J.-C., la situation du judaïsme était difficile, et celle du christianisme encore incertaine. Flavius Josèphe, prêtre de Jérusalem et historien célèbre de la Guerre des juifs, est de ceux qui ont cherché à organiser l’avenir dans l’Empire romain, dont la puissance était à la fois fascinante et inquiétante. Par son œuvre majeure, Les Antiquités juives (publiée en 93) il est aussi un témoin exceptionnel de son siècle. Il y donne, depuis Rome, sa manière de voir l’histoire de son peuple, en la faisant remonter à Adam. L’auteur a divisé son œuvre en vingt livres, dont le centre est l’Exil. La première moitié est essentiellement une paraphrase biblique, complétée ici et là par quelques historiens anciens qui, en général, n’ajoutent rien. Ce volume comprend le texte, la traduction et un commentaire des livres VIII et IX, qui couvrent le règne de Salomon et la monarchie divisée jusqu’à la chute de Samarie. Le récit n’a pas la qualité littéraire de sa source, mais il offre un intérêt majeur – qu’il importe de réhabiliter – pour l’histoire du texte biblique : Flavius Josèphe a paraphrasé en grec, avec une précision honorable, de vénérables rouleaux hébraïques provenant des archives du Temple, glosés et parfois altérés. Ceux-ci donnent un texte assez différent de la Bible hébraïque actuelle, mais assez proche de ce qu’a dû être l’origine commune de 1-2 Rois et 2 Chroniques. Pour cette partie, les fragments de Qumrân n’ont jusqu’ici rien livré d’utile.

Question de Halakha : Quelles sont les conditions pour dire qu’une personne est juive ? YHWH, Abram, renommé Abraham, connaîtra la bénédiction en toutes choses ainsi qu’une descendance populeuse qui habitera la terre foulée par le nomade. Inconditionnellement accepté jusqu’à l’ère moderne, le modèle biblique est sévèrement critiqué depuis lors. La Bible aurait ainsi permis de fédérer ces ethnies disparates autour d’un seul dieu et surtout d’un seul roi, Josias, le roi-oint de la maison de David, qui réunirait en lui les qualités des héros légendaires de la Bible. Josias, est remplacé après la mort de ce dernier par un récit plus prudent, moins soucieux de victoires que de préservation de l’identité nationale en cas de défaite.

Judéens et Antiochus IV des Séleucides, qui a voulu supprimer les mœurs judéennes. Judéens et bien que leurs pratiques soient critiquées. Sur le plan des idées, l’ère du Second Temple est d’ailleurs l’une des plus morcelées de l’histoire du judaïsme. Une femme nue dans un cours d’eau tient un panier. Derrière elle, sur la berge, se tiennent des femmes habillées. La chute du second temple à l’issue de la révolte juive contre Rome, cause un profond traumatisme à travers les communautés judéennes de par le monde.

Les partisans de ces deux mouvements devenus dominants  vont se considérer comme un peuple, renvoyant dos à dos la manière d’être judéen et d’être grec , chacun se proclamant le  véritable Israël  en rejetant radicalement l’autre. Chacun constitue son canon littéraire, affirme progressivement sa doctrine et élabore son hérésiologie. Juda Hanassi, président du Sanhédrin, compile les traditions orales sur la loi en six ordres comportant 63 traités, canonisant de fait la loi orale sous le nom de Mishna. Sous la domination byzantine, la Palestine voit sa population juive décroître.

Les grandes institutions rabbiniques sont spécifiquement ciblées, et le Sanhédrin qui décrétait le début du mois et l’ordination de nouveaux rabbins, s’affaiblit avant de disparaître. De leur côté, les rabbins de Babylonie se livrent à leurs propres interprétations de la Mishna dans une atmosphère relativement plus sereine et complètent le Talmud de Babylone deux siècles plus tard. Leur Talmud s’approfondit particulièrement sur les questions de droit civil, et se désintéresse relativement des lois agricoles, de culte ou de pureté rituelle qui ne se posent pas entre le Tigre et l’Euphrate. La conquête arabo-musulmane, qui permet aux deux centres de prospérer, n’inverse pas la tendance. Ce mouvement qui s’illustre principalement par des commentaires bibliques rédigés à l’aune de la grammaire et de la raison, sans mentionner dans la plupart des cas les traditions rabbiniques sinon pour les critiquer, aurait séduit à son apogée près de la moitié des communautés juives d’Orient. Le judaïsme rabbinique se voit également menacé par l’assimilation des Juifs aisés de Bagdad dans la civilisation arabo-musulmane.

Le déclin des académies babyloniennes au profit de communautés indépendantes, ouvre une nouvelle ère dans l’histoire du judaïsme : elle voit l’essor de deux centres situés aux confins du monde juif, nommés Sefarad et Ashkenaz d’après Abdée 1:20 et Genèse 10:3 respectivement. L’œuvre de Maïmonide aura un fort retentissement en Orient, en particulier au Yémen, mais elle n’ira pas sans provoquer des controverses animées dans le reste du monde juif. Sur le plan des lois, on lui reproche d’avoir énoncé la loi selon sa propre opinion, et de vouloir se substituer à mille ans de lois et enseignements. Ces kabbalistes ne sont pas forcément anti-rationalistes mais leur mystique se refuse à confondre le dieu d’Israël et la Raison.

Un principe qui requiert une méthode de pensée, attentive au langage et à tout ce qui émane du langage : les rêves, les songes éveillés, les extases, des transports mystiques, etc. L’étude de la Kabbale atteint son apogée avec l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Une communauté de réfugiés fonde un centre à Safed autour de Moïse Cordovero et Isaac Louria. Cette ère est moins créative que la précédente car la Table et la Nappe font dorénavant figure d’autorités pratiquement incontestables, sur lesquelles on ne peut dans la plupart des cas que gloser. Elle s’accompagne en revanche de bouleversements culturels, identitaires et politiques.

La ferveur kabbalistique mène de nombreux Juifs à reconnaître le messie en la personne d’un kabbaliste grec nommé Sabbataï Zevi. C’est dans ce contexte aussi que naît une réponse autrement plus radicale au judaïsme. Amsterdam, où de nombreux Juifs ont pu revenir ouvertement à leur judaïsme après avoir dû vivre comme des chrétiens, Baruch Spinoza publie le Traité théologico-politique en 1670. Bible mais entendant se situer dans la tradition culturelle juive. Un peu plus d’un demi-siècle plus tard, Moïse Mendelssohn tente de concilier judaïsme et philosophie des Lumières.

Bien que lui-même pratiquant, la Haskala qu’il propose aura généralement pour effet d’accentuer les conflits entre l’identité juive et la volonté de s’assimiler aux nations environnantes. Le  judaïsme déjudaïsé  hérité des Lumières juives, influera considérablement sur l’histoire du monde et des idées — c’est en s’appuyant sur le message social des prophètes, que des Juifs se lancent à corps perdu dans la révolution pour la fondation d’une humanité internationale où tous les individus seraient égaux. L’élimination ciblée et rationalisée des Juifs, réalisée à grande échelle en usant de concepts et procédés généralement réservés à la sphère industrielle, provoque une crise sans précédent dans le judaïsme, toutes tendances et milieux confondus. Elle ébranle les certitudes de ceux qui croyaient en la providence divine comme de ceux qui croyaient en l’homme et la civilisation.