Le Zoulou de l’Ouest PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. En pratique : Quelles sources sont attendues ? La seule représentation connue de Chaka, esquisse de James Le Zoulou de l’Ouest PDF de 1824.


Un train arrive dans une gare déserte au milieu de nulle part. A son bord, des prisonniers et leur nouveau directeur; la prison où ils sont détenus est destinée à être fermée d’ici quelques mois. Alors, durant la période de transition, le directeur qui croit au respect de l’individu et de ses racines, va se livrer à une expérience pour le moins étonnante en ce début du XXe siècle : il va tenter de redonner à ses prisonniers – dont un Indien et un Noir – la fierté de leur culture d’origine. C’est ainsi qu’il les laissera sortir quotidiennement de la prison dans cette région désertique, afin qu’ils aguerrissent leur corps et… s’entraînent à la course.

C’est le fondateur du royaume zoulou. Ces expériences l’endurciront et marqueront sa personnalité d’une soif de vengeance. Mazisi Kunene, qui, lui, s’est inspiré des traditions zouloues, explique que la mère de Chaka, Nandi, était une princesse autoritaire. Elle s’est fâchée avec son mari et avec ses coépouses, ce pourquoi elle a été répudiée. Cause de guerre entre les Abasema Langeni, son peuple, et la tribu zouloue, elle a dû fuir chez les Qwabe, dont elle aurait épousé l’un des princes. Il part chez les Bathwetwa et devient membre de l’armée de Dingiswayo, le souverain des Bathwetwa.

Il devient rapidement le guerrier le plus remarquable de l’armée de Dingiswayo. Doué d’une force physique et d’une endurance prodigieuses, il excelle au combat. Il est charismatique et se révèle être un fin stratège. Sigujana, l’un des demi-frères de Chaka, assure la succession conformément à la volonté de leur père, et devient le chef du clan zoulou. Dingiswayo appuie Chaka pour qu’il prenne le pouvoir.

Dans la bataille, Sigujana trouve la mort. Chaka règne sur son peuple et commence à lui appliquer ses idées révolutionnaires pour créer une puissante armée. Il continue à combattre pour Dingiswayo, qui a quelques démêlés avec un puissant voisin aux visées impérialistes, Zwide, chef de la tribu des Ngwane. En quelques années, celui-ci parvient à ses fins : il réussit à faire prisonnier et à assassiner Dingiswayo, grâce à l’appui de ses espions.

Ensuite, s’ouvre le temps des conquêtes. Il devient le chef d’une grande partie des tribus nguni du Natal. Il les assimile à sa tribu, et leur fait porter son nom, celui de Zoulou. Opérant en mouvement tournant, l’une des ailes attaque, tandis que l’autre se cache et n’intervient que lorsque le combat est engagé.

L’armée de Chaka à son apogée comptera plus de 100 000 hommes, auxquels il faut ajouter environ 500 000 hommes des tribus voisines. Chaka oriente l’expansion des Zoulous dans deux grandes directions : vers l’ouest et vers le sud contre les Tembou, Pondo et Xhosa. Il fait pratiquer un eugénisme systématique : les vieillards des peuples vaincus sont supprimés, les femmes et les jeunes incorporés. Les jeunes ont la vie sauve à condition de s’enrôler dans les impi, d’abandonner leur nom et leur langue, et de devenir de véritables Zoulous. En 1820, quatre ans après le début de sa première campagne, Chaka avait conquis un territoire plus vaste que la France.

1822, Chaka déploie ses armées à l’est du Drakensberg. Face à lui, de nombreuses collectivités choisissent de fuir, attaquant au passage leurs voisins, ce qui ajoute à la confusion. La tradition tend à rendre Chaka coupable du Mfecane. En vérité, ce mouvement de migration avait déjà commencé avant sa prise de pouvoir, avec, entre autres, les combats entre Zwide et Matiwane. Le déclin de Chaka commencera avec sa tendance de plus en plus affirmée à la tyrannie, qui lui valut l’opposition de son propre peuple. Nandi en 1827, Chaka fit exécuter plus de 7 000 hommes et femmes.

Pendant un an, il fut interdit aux gens mariés de vivre ensemble et à tous de boire du lait. Notons néanmoins que ce rite de deuil extrême faisait exceptionnellement partie de la tradition zouloue. Les circonstances de sa mort, survenue en 1828, sont floues : Chaka serait mort poignardé par ses demi-frères Dingane et Mhlangane, victime d’un complot orchestré par ses frères et sa tante Mkabayi, avec l’aide d’un de ses hommes de confiance, Mbopa. Chaka fut un chef charismatique, un stratège et un organisateur de génie, fondateur d’une nation, mais surtout le responsable de meurtres de masse et de l’assassinat de milliers de personnes. Son action influença la vie et le destin de régions entières de l’Afrique australe.

Chaka a été un symbole important dans la lutte idéologique entre les Noirs et les Blancs en Afrique du Sud. Les Blancs l’ont beaucoup diabolisé, le présentant comme un tyran barbare. Pour les Zoulous, il est un personnage complexe, semi-légendaire, un fabuleux guerrier auquel on peut faire remonter la fierté de la nation. Bachir Touré interprétant Chaka au Théâtre du Capitole de Toulouse en 1968. Dans les années 1960-1970, Chaka devient un personnage important de la revendication africaine. Des écrivains comme Seydou Badian Kouyaté, F. L’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye, a publié une étude complète en français, sur l’empire de Chaka Zoulou.

Chaka apparaît également dans la bande dessinée française Zoulouland de Georges Ramaïoli. La vie de Chaka a fait l’objet en 1986 d’une série télévisée sud-africaine, distribuée par l’américaine Harmony Gold, Shaka Zulu réalisée par William C. Shaka Zulu est un album de Ladysmith Black Mambazo, sorti en 1987. Shaka est le nom d’une organisation secrète des Nations unies d’Afrique du Sud dans le roman d’Arthur C. Chaka : Roi des Zoulous, Anarchasis, 2004, 316 p. Le Trône d’ébène, Le Bélial, 2011, 164 p.

Chaka : une épopée bantoue, Gallimard, 2010, 334 p. Chaka, empereur des Zoulous : histoire, mythes et légendes, L’Harmattan, 1991, 251 p. Mémoire d’errance, A 3, 1998, 205 p. L’Empire de Chaka Zoulou, L’Harmattan, 2002, 217 p. Sur les traces de Chaka Zoulou, t. The death of Chaka : a play in five tableaux, Oxford University Press, 1968, 47 p. Olden Times in Zululand and Natal Containing Earlier Political History of the Eastern-Nguni Clans, Struik, 1965, 732 p.