La révolution, recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours PDF

La révolution, recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe, depuis la Renaissance jusqu’à nos jours PDF historiens ne présentent pas ce nationalisme, en général, comme une idéologie, car il est peu et mal argumenté ou justifié par des intellectuels. Cet auteur insiste sur l’abstraction de l’idée, qui en soi ne relève pratiquement pas du concret : il s’agit d’une relation de multiples ordres entre un groupe socioculturel auto-identifié et un État.


This Elibron Classics book is a facsimile reprint of a 1856 edition by Gaume Frères, Paris.

Le nationalisme a cependant ceci de concret qu’il peut s’apparenter au sentiment en raison de la charge émotive qu’il entraine quasi automatiquement. Dès l’Antiquité, il existe un sentiment d’appartenance commune à des entités politiques ou morales. Cet élargissement s’est accompagné d’une diversification de ses manifestations et d’évolutions au cours du temps dans chaque lieu où il s’est manifesté. Ils refusent toutefois de le considérer comme une simple conséquence mécanique de l’économie, montrant que sa mise en place, d’une région à l’autre du monde, a été très influencée par les dynamiques politiques locales et par les fonctionnements sociaux propres aux diverses populations. De ce fait, et du fait de ses intérêts économiques, le rôle de la bourgeoisie lettrée a été moteur dans toute construction d’un nationalisme : souvent il s’agit d’une coalition entre la petite aristocratie foncière, les universitaires et la bourgeoisie. En s’inspirant de la psychanalyse Pierre de Senarclens a souligné que les nationalistes expriment un besoin de dignité, qui s’affirme par une défense ombrageuse leur identité collective. Leur quête de reconnaissance comprend l’envie d’appartenir à une communauté de haut lignage historique, chargée d’assumer une destinée exceptionnelle, sous l’égide de dirigeants hors pair.

Ernest Gellner, sont les sociétés non-industrielles et sont structurés par certaines classifications des individus, vécues comme naturelles, soutenues par une économie et des cultures fonctionnant en harmonie. Exemples : les cités-États de l’Antiquité, le Moyen Âge occidental, la Chine pré-industrielle, etc. Les sentiments d’appartenance à un groupe, qui ont existé dans ces sociétés, sont étudiés par Eric Hobsbawm. Il en ressort que si les illettrés ont laissé peu de traces de leurs avis, ils n’ont que rarement manifesté des sentiments d’appartenance comparables au nationalisme.

Unis que l’on classerait comme Albanais, ne se déclaraient pas comme Albanais. Ce changement touche aussi bien le rôle économique de l’individu que sa position au sein de la société. L’éducation de l’individu, pour qu’il soit mobile au sein de la société, doit lui permettre de lire la langue répandue, et d’avoir des compétences de bases assez larges pour pouvoir s’adapter à un large éventail de rôles sociaux. Le nationalisme consiste à réclamer ce fonctionnement de la société, par opposition au fonctionnement des sociétés non industrielles.

Toutefois, la perspective de Gellner a soulevé de nombreux contre-exemples avec les années, notamment des situations où un fort sentiment de nationalisme accompagne une industrialisation faible ou, inversement, une industrialisation poussée s’accompagne d’un nationalisme religieux. Toutefois, cette perspective exclut l’agentivité des citoyens et citoyennes ordinaires, c’est-à-dire leur propre pouvoir d’agir. Pourquoi ces provinces coloniales, qui rassemblaient généralement de fortes populations opprimées et non hispanophones, ont-elles donné naissance à des créoles qui redéfinirent sciemment ces populations comme autant de ressortissants d’une même nation ? Asie et d’Afrique ont développé des nationalismes amenant aux décolonisations. Dans tous les cas, nombre d’historiens admettent la typologie de Hroch distinguant trois phases. De son côté, Eric Hobsbawm affirme que  les liens entre racisme et nationalisme sont évidents , et souligne les confusions de cette époque entre nation et race, associés à des idées d’hérédité et de pureté raciale, linguistique, etc. 1880 : avant, pour les ouvriers, venir d’un pays étranger ou d’une autre région française était équivalent.