La Civilisation américaine PDF

Dans les années 1840, en explorant les cités mayas ensevelies sous la végétation, John Lloyd Stephens se posait déjà la question de savoir comment de magnifiques cités avaient pu sombrer complètement dans l’oubli. Il a donné lieu la Civilisation américaine PDF de nombreuses théories scientifiques ou fantaisistes et commence seulement à être mieux compris, au fur et à mesure que les progrès de l’archéologie comblent les lacunes de nos connaissances. Contrairement à une idée répandue dans le grand public, l’effondrement de la civilisation maya classique n’est pas un phénomène généralisé qui aurait entraîné la disparition brutale des Mayas et de leur civilisation.


Cet ouvrage est une réédition numérique d’un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d’origine.

L’évolution de nos connaissances permet actuellement de circonscrire le phénomène et d’en appréhender la chronologie. Les inscriptions constituent un indicateur de sa progression : les cités mayas célébraient la fin de périodes connues sous le nom de katuns par l’érection de monuments portant une date en compte long. Cette hypothèse avait pour point de départ l’arrêt des activités constructrices à Tikal. Certaines sont très peu plausibles, tandis que les autres, prises isolément, prêtent le flanc à la critique et peuvent être considérées comme réductrices. La théorie d’une révolte de la classe paysanne contre les élites, une des plus vieilles explications, a été défendue par le mayaniste John Eric Thompson. Les paysans, courbant sous le poids des corvées que leur auraient imposées la classe dirigeante, auraient refusé de continuer à construire des monuments prestigieux. Les guerres internes, c’est-à-dire entre cités mayas, sont un facteur déjà évoqué par John Lloyd Stephens.

Certains auteurs en minimisent la portée et les réduisent à des escarmouches, dont le but rituel aurait été la capture de victimes destinées au sacrifice. Les invasions étrangères constituent une hypothèse qui a connu une certaine popularité lors des années 1960 lorsque les archéologues qui exploraient le site de Seibal y discernèrent les signes d’influences extérieures vers 800. Tabasco sur la côte du golfe du Mexique. Cette théorie qui était encore citée dans l’avant-dernière édition du livre de Robert J. Le dérèglement des réseaux commerciaux est une théorie qui intègre l’effondrement maya dans un cadre plus large, au niveau de la Mésoamérique : les rapports économiques entre la zone maya et la cité de Teotihuacan dans le centre du Mexique. L’hypothèse d’une pathologie idéologique — Thomas Gann et John Eric Thompson avaient déjà évoqué en 1931 de possibles  causes religieuses et superstitieuses  — fut échafaudée en 1979 par Dennis Puleston.

Des catastrophes naturelles, telles que des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques, peuvent être exclues des causes de l’effondrement. De tels phénomènes n’affectent la zone des Basses-Terres que sur ses marges méridionales, comme à Quirigua, situé sur la zone de faille de Motagua, où l’on a relevé des indices d’activité tectonique. C’est également le cas du site de Xunantunich. La répétition de séismes pourraient avoir aidé au déclin de cités déjà fragilisées par une chute des échanges avec la zone des Basses Terres, lesquelles semble avoir affronté à la même époque des vagues de sécheresse affectant un territoire aux ressources limitées et à la population croissante.

L’hypothèse d’une épidémie inconnue, comparable à des pandémies telles que la peste noire et qui expliquerait la chute démographique, relève de la spéculation. La théorie d’un changement climatique, tel que la sécheresse, a fait l’objet d’un grand intérêt au cours des dernières années. Pour vérifier une telle théorie il faut se tourner vers la paléoclimatologie : des géologues ont analysé les sédiments des lacs Punta Laguna et Chichancanab dans le Nord-est du Yucatan. Pour intéressante qu’elle soit, peu d’archéologues invoqueraient actuellement le changement climatique comme la cause unique de l’effondrement classique, plutôt comme un facteur parmi d’autres. Soumise à l’épreuve des faits, la théorie se heurte à de nombreux écueils. On peut notamment se demander pourquoi la sécheresse n’a pas affecté simultanément le lac Chichancanab et la région Puuc située à peine à 100 km à l’ouest et dont l’apogée se situe précisément à la période où le phénomène aurait été le plus grave.