Feuilles d’herbe : 1855 PDF

Whitman naquit le 31 mai 1819 dans une ferme près de l’actuelle South Huntington, à Long Island, deuxième de neuf enfants. Après deux ans d’apprentissage, Whitman se rendit à New York pour y travailler dans différents ateliers d’imprimerie. C’est en 1835 qu’il revint à Long Island en tant qu’instituteur. Les discours politiques écrits par Whitman attirèrent alors l’feuilles d’herbe : 1855 PDF de la société du Tammany Hall, qui lui confie la rédaction de nombreux journaux, parmi lesquels aucun ne devait jouir d’une longue publication.


En 1855 se publie – dans un pays, qui ne sait pas tout à fait encore lequel il veut devenir – un volume sans origine : dépourvu de nom d’auteur (sans être pour autant anonyme) ; dépourvu de programme de lecture (pamphlet, épopée, programme, essai, fabrique d’un  » pré  » ?) ; dépourvu même d’une langue et d’une rhétorique stables tant il en fauche et en fane et en vanne, il déroule un texte hybride, balancé en deux parties : l’une, évidemment composée en prose, halète en massifs de paragraphes serrés : l’autre, qui n’est pas en prose, bourgeonne par touffes incalculables,. tantôt s’érigeant sur deux lignes grêles, tantôt ondulant au fil d’une succession de pages selon une forme ni vers ni versets, mais participant presque moqueusement des deux, jusqu’à se déployer parfois, au gré de la tentation foisonnante de l’herbier halluciné, en catalogue moins exhaustif que suggestif de l’ampleur de sa tâche : le tout frappé au coin d’une extraordinaire capacité à instituer précisément son insouci d’une origine autre que celle qu’il sème de soi, et étalé en outre, avec une luxuriante insistance, sous le titre incompréhensible et néanmoins délicieux (ainsi en va t’il souvent de la précipitation du poème) de  » Feuilles d’Herbe « . C’est la seconde partie de cet ouvrage fou, affolé, buissonnier, qui est ici traduite pour l’éventuel plaisir et l’adhésion éventuelle de son lecteur – auquel il est demandé d’en devenir, autant que le moissonneur d’un temps comme il sied, plus encore l’indéfinie fenaison : dans son pays seul entend en effet, de toujours et à jamais, croître en brassées sans cesse renouvelées le champ de ces feuilles d’herbe.