Dictionnaire de l’argot francais et de ses origines PDF

Selon certains, la fonction première de tout argot serait de chiffrer la communication, afin qu’un non-initié ne dictionnaire de l’argot francais et de ses origines PDF comprenne pas. Des spécialistes du domaine comme Albert Dauzat ou Gaston Esnault se sont prononcés contre cette thèse. Autrement dit, s’il arrive qu’un locuteur emploie des mots d’argot pour éviter d’être compris par les non-initiés, cela ne signifie pas pour autant que le recours à des mots argotiques soit essentiellement motivé par une volonté de cryptage.


Pour les argots de groupes, il faut intégrer dans l’expressivité de ces mots la marque de rattachement des énonciateurs à la vie et aux activités des groupes. L’utilisation de l’argot est une façon de contourner les tabous instaurés par la société. Le langage courant témoigne d’une certaine retenue à évoquer certaines réalités explicitement. L’argot, mais aussi le langage familier, permet alors de désigner ces réalités par un langage détourné, dénué des connotations immédiates liées aux mots du registre habituel. Différents groupes sociaux ont développé, à des époques différentes, leur propre parler. Pour que les tiers soient maintenus dans l’incompréhension de la communication, l’argot doit constamment renouveler ses procédés d’expression, spécifiquement son lexique. L’existence de dictionnaires d’argot annule bien sûr toute l’efficacité des mots définis.

1700, le  jargon  des gueux, puis le parler des voleurs. Des argots se sont également développés dans d’autres groupes sociaux, et chaque quartier possède son propre  argot . L’un des premiers textes connus concernant un jargon de bandits est le dossier judiciaire du procès des Coquillards à Dijon en 1455. Le premier texte français entièrement centré sur la vie et le jargon des petits merciers et des gueux est publié à Lyon en 1596 chez Jean Jullieron.

Il s’agit de La vie généreuse des Mercelots, Gueux et Boesmiens signé par Pechon de Ruby. En plus d’une abondante production lexicographique, la littérature a contribué à diffuser  la langue verte . Oui, dans Le Cave se rebiffe, il y avait de l’argot, mais un argot complètement inventé. L’argot commun, parfois appelé jargot, est un parler familier dérivé de l’argot mais qui en a perdu les fonctions cryptiques et identitaires. Il n’est plus spécifique à un groupe, et est essentiellement utilisé dans une visée ludique : les locuteurs  jouent  à reproduire un parler largement connoté.

Pour élaborer un parler qui lui est propre, un groupe social a recours à différents moyens. Le plus important est lexical : on associe d’ailleurs généralement l’argot uniquement à un vocabulaire particulier. Cependant, il peut y avoir également une modification de la syntaxe, même si elle est d’une bien moindre importance. En fait, l’argot est toujours connu pour son vocabulaire, mais cela ne signifie pas qu’il suit les règles syntaxiques, grammaticales, phonétiques, pragmatiques de la langue standard.

La formation des phrases, la prononciation, l’intonation, la gestuelle sont très différentes de la norme officielle et participent donc à la distinction du groupe. Lorsque l’élaboration lexicale est formelle, on assiste souvent à une déconstruction du langage courant : l’argot déforme, mélange, déstructure, découpe les mots et enfreint les règles. Cette déconstruction laisse transparaître la volonté du groupe social de se démarquer en rejetant la société établie. Les procédés décrits ici concernent l’argot français actuel, et plus particulièrement le français contemporain des cités. Procédé syntaxique Changement de classe lexicale des mots : en général, il s’agit de l’utilisation d’un adjectif à la place d’un adverbe. Procédés lexicaux Sémantiques Métaphore : expression imagée qui désigne une chose.

Polysémie et synonymie : jeux sur les multiples sens des mots. Exemples : connard et connasse dérivés de con, pourrave dérivé de pourri, matos dérivé de matériel. Apocope : troncation d’une ou plusieurs syllabes finales d’un mot. Aphérèse: troncation d’une ou plusieurs syllabes initiales d’un mot. L’aphérèse, très rare jusqu’à présent en français, est particulièrement présente en français contemporain des cités. Redoublement, éventuellement après troncation, d’une syllabe.