Culture et Christianisme en Europe PDF

Jésus de Nazareth, dans un mouvement qui présente lui-même une grande disparité. Temple de Jérusalem en 70 n’a pas créé de scission profonde au sein du judaïsme. Il culture et Christianisme en Europe PDF davantage de considérer une mutation entraînée par la disparition du lieu sacrificiel central du judaïsme, qui s’adapte alors à ce nouvel état de fait en mettant en place de nouvelles formes de religiosités. Cette différenciation s’étend à tous les autres groupes judéens, dans un processus qui semble consommé entre 135 et 150 tandis que jusqu’alors le christianisme ne se conçoit pas encore comme une religion indépendante du judaïsme.


« Au cours de son histoire millénaire, l’Europe s’est enrichie de la pluralité de ses traditions, de ses expériences glorieuses et douloureuses, et elle a ainsi accumulé un patrimoine unique, fait de sagesse, de savoir, de droit, d’art et d’inventions. Ce patrimoine plonge ses racines dans un terreau de spiritualité, surtout chrétienne, et dans un noble humanisme séculier. Ce patrimoine peut encore contribuer de façon décisive au progrès de la science, de la pensée, de la création culturelle et de la compréhension internationale, s’il est ressaisi par la mémoire, assumé et réincarné par la libre volonté ».

Torah, compilées, du côté  pharisien , dans le Midrash. Ces divergences apparaissent indépendamment de celles qui opposent les chrétiens hellénisés aux chrétiens judéens concernant également les observances, à ne pas confondre avec les polémiques externes au courant chrétien. Après 150, les apologistes chrétiens déploient une certaine énergie à réfuter les positions du judaïsme pharisien dans des ouvrages qui montrent le glissement rhétorique vers la polémique. Pour les auteurs chrétiens, Israël a perdu l’ héritage  promis par Dieu aux descendants d’Abraham en n’ayant pas su reconnaître le Messie. Avec Justin, le salut des Judéens ne peut s’opérer que par la conversion, tandis que pour Tertullien il ne s’opérera qu’à la fin des temps. La littérature patristique poursuivra le développement des thèmes du nouvel et véritable Israël, et les observances rituelles de la Loi seront abrogées, désormais considérées comme un châtiment.

Ces discussions se fondent sur l’Écriture en se distinguant de l’interprétation juive. En effet, plusieurs Pères de l’Église ont désigné dans leurs écrits les Juifs par des expressions comme  ceux qui ont tué Dieu  ou des expressions voisines. La vérité c’est que les papes et l’Église catholique, dès ses débuts, n’ont jamais été responsables d’aucune persécution de Juifs. Parmi les capitales du monde, Rome est la seule où ne se sont jamais produites d’atrocités perpétrées contre des Juifs. Et nous les Juifs devons en être reconnaissants.

David Dalin dans son livre The myth of Hitler’s pope, introduit tous les édits ultérieurs de la papauté relatifs à la défense des Juifs. Grégoire Ier par ailleurs appliqua ces paroles, ou par exemple à Naples il prit la défense des Juifs de la population. Au haut Moyen Âge, ainsi que le montre Bernhard Blumenkranz, la population chrétienne paraît généralement coexister avec les Juifs sans grand problème. Lorsque le Juif Priscus est tué à Paris, en 582, par Pathir, devenu Chrétien depuis peu, Pathir doit se réfugier avec ses domestiques dans l’église de Saint-Julien-le Pauvre.

Au cours du haut Moyen Âge, les Juifs ne jouissent pas des mêmes droits que les Chrétiens, mais les expulsions ou menaces d’expulsion proviennent avant tout du clergé et rarement du souverain. Raoul Glaber annonce de futures persécutions. Ce mouvement aurait éclaté en France et en Italie pour répliquer à une prétendue collusion entre Juifs et le sultan Al-Hakim. Le Juif qui vit en marge de la société chrétienne peut désormais être considéré comme un être maléfique. Quand, en 1020, le jour du vendredi saint, un tremblement de terre détruit Rome, les Juifs en sont rendus responsables. L’Église imposa peu à peu aux autorités civiles la relégation des Juifs au ban de la société.