Cités, numéro 18 – 2004 : Le Dépérissement de l’État PDF

La réponse est limpide, devez-vous cités, numéro 18 – 2004 : Le Dépérissement de l’État PDF, narquois : parce que nous sommes en hiver ! Certes, mais voilà, vous n’aurez pas été sans remarquer que les alertes vigilance orange de Météo France ont atteint une fréquence des plus inhabituelles, alors que les épisodes neigeux se multiplient sans donner le moindre signe de répit dans la partie nord du pays. On en oublierait presque que l’hiver n’a officiellement débuté que ce mardi. D’où vient cette vague de froid qui s’est abattue sur l’Europe depuis le début du mois ?


Jérôme Lecou : Le temps actuel découle de déplacements d’air froid en provenance des pôles, via la Scandinavie, ainsi que l’Allemagne et le Benelux. Nord-est au lieu de flux d’Ouest comme à l’accoutumée. Il en découle un scénario de froid remarquable, atypique pour l’Europe, qui devrait perdurer jusqu’à janvier ou février. En quoi cet hiver est-il si particulier ? Jérôme Lecou : Cette année, les épisodes neigeux ont été précoces, rapprochés et soutenus. Les derniers hivers de cet ordre remontent à 1986 ou 1987, mais il s’agissait davantage des mois de janvier ou février.

En termes de grands froids dès le mois de décembre, dans le tiers nord de la France, 2010 rappelle plutôt l’hiver 1969. Paris avait alors connu 17 jours de neige en décembre. Cette année, on en compte pour l’instant 15 depuis le début du mois. Comment de tels épisodes de froid sont-ils compatibles avec un monde qui se réchauffe ? Jérôme Lecou : Cet épisode de froid n’est effectivement pas à l’image des tendances actuelles qui vont dans le sens d’un réchauffement climatique. Mais il faut raisonner à une échelle globale et non locale.

Et les moyennes des climats mondiaux vont dans le sens d’une augmentation des températures. On a par exemple observé des records de douceur de novembre au début du mois de décembre en Europe de l’Est. Quelle est la part du changement climatique dans l’apparition d’hivers rigoureux ? Jérôme Lecou : Tout dépend de l’échelle de temps à laquelle on se place. Dans les cinquante années à venir, les hivers seront plus doux et plus pluvieux, de manière générale et en tenant compte de la variabilité naturelle du climat.